Le Centre d'Études Interdisciplinaires sur le Bouddhisme

Ce premier centre universitaire français consacré aux études sur le bouddhisme est le fruit d’un projet commun initié en 2015 par l’Inalco, l’EPHE et le Collège de France, avec comme membres fondateurs, Catherine Despeux (professeur émérite de l’Inalco), Jean-Noël Robert (professeur au Collège de France), Anne Cheng (professeur au Collège de France), Vincent Goossaert (directeur d’études à l’EPHE), Sylvie Hureau (MCF à l’EPHE) et Ji Zhe (MCF à l’Inalco et membre de l’IUF). Il est actuellement rattaché à l’Equipe ASIEs (Inalco) et est financé par plusieurs fondations privées.

Avec le soutien de ces trois établissements cofondateurs et après plus d’un an de travail intensif de préparation, le CEIB a ouvert ses portes le 22 mars 2017 à l’occasion d’une cérémonie d’inauguration qui a lancé l’événement phare du centre, la « Lin Li-kouang distinguished lecture for Buddhist studies ».

Le CEIB s’appuie sur l’expertise et le réseau constitués depuis des années par les collègues de ces trois grands établissements et d’autres institutions françaises, afin de mieux relever les défis scientifiques liés aux mutations religieuses et aux reconfigurations disciplinaires, tout en préservant et en promouvant l’héritage français de deux siècles d’études bouddhiques. Il vient en appui aux diverses équipes de recherche françaises qui consacrent une partie de leurs recherches aux bouddhismes, et espère contribuer à renforcer leur collaboration.

L’objectif fixé dès le début a été de rassembler des ressources et des experts afin de :

  1. soutenir les étudiants et les jeunes chercheurs, tant au niveau scientifique qu’au niveau administratif et financier ;
  2. coordonner et financer des projets de recherche individuels ou collectifs ;
  3. promouvoir l’interdisciplinarité de la recherche ;
  4. renforcer les collaborations internationales et pérenniser un réseau international de chercheurs ;
  5. favoriser les relations entre enseignement et recherche ainsi que la diffusion des connaissances auprès des chercheurs, des étudiants et du public sensibilisé aux travaux académiques et non confessionnels sur le bouddhisme.

Pour répondre à ces objectifs,

  • Le CEIB organise chaque année dans le courant du mois d’octobre des événements qui lancent la « Rentrée du CEIB », sous la forme de journées d’études.
  • En mars, le centre propose le « Printemps du CEIB » qui réunit tout au long d’une semaine plusieurs chercheurs français et étrangers, spécialistes des études bouddhiques, invités à présenter leurs travaux lors de conférences et à prendre part à des tables-rondes.
  • En plus de ces événements, le CEIB organise des conférences et s’associe à l’organisation d’événements partenaires dont les thématiques résonnent avec ses axes de recherche.
  • Enfin, grâce aux partenariats financiers, le CEIB lance régulièrement des appels à candidature pour des bourses doctorales et post-doctorales.

D’autres projets ambitieux sont imaginés par l’équipe du CEIB, à l’exemple de la publication des travaux de ses membres et des chercheurs invités, participant à diffuser et mieux faire connaître les études bouddhiques. Pour ses premiers pas, la diffusion prend la forme de grands entretiens retranscrits.

Toutes ces démarches devront permettre au CEIB de se joindre aux dynamiques d’études bouddhiques à l’échelle mondiale. Depuis la fin du XXe siècle, l’intérêt universitaire pour le bouddhisme s’est considérablement accru. En Amérique du Nord comme en Europe, les centres de recherche dédiés à cette religion se sont multipliés : d’abord Columbia (en 1988), Stanford (en 1997), puis UCLA (en 2000), UC Berkeley (en 2004), Oxford (en 2004), Ghent (en 2007) et Hambourg (en 2007) … sans parler des dizaines de centres dans les universités asiatiques, en Chine, au Japon et en Corée. Dans ce contexte, le CEIB, en tant que premier centre universitaire français entièrement consacré aux études bouddhiques, se propose de servir de moteur pour renforcer et valoriser la recherche française sur le bouddhisme, par son ouverture internationale aux approches de tous les horizons. L’entreprise est ambitieuse, mais elle ne peut se réaliser que par des efforts concrets et continus. Comme Changsha Jingcen, maître Chan chinois du IXe siècle, nous l’enseigne : même si l’on est « au bout de la perche de cent pieds », il faut toujours « faire un pas de plus ».

le 21 février 2017